Les problèmes associés aux parcs éoliens industriels


Problèmes de bruit
Sécurité
Problèmes touchant les oiseaux
Autres enjeux
Références et liens


Bruit :

La pollution sonore mérite une attention considérable puisqu'il s'agit de l'une des plaintes les plus fréquentes venant des résidents vivant près des parcs éoliens partout dans le monde. La source du bruit associé aux éoliennes se situe au sein des engrenages et des propriétés aérodynamiques des pales du rotor. Les partisans de l'énergie éolienne nient généralement que le bruit constitue un problème dans le cas des technologies actuelles. Irving Ltée, lors de sa journée d'accueil pour présenter ce projet en novembre 2002, déclarait que le niveau sonore était comparable au bruit d'un réfrigérateur domestique, et considérait à toutes fins utiles que la question était réglée. Le fait est que, grâce à une technologie améliorée, le bruit lié à la transmission et à l'alternateur a été réduit de manière significative par le biais d'une insonorisation améliorée et d'autres mesures : cependant, ceci n'est pas la source principale de pollution sonore émanant des éoliennes, puisque cette dernière provient des pales du rotor, et plus particulièrement des basses fréquences et infrasons causés par le passage des pales devant le mât portant l'aérogénérateur. Ce bruit à basse fréquence demeure un problème et est la source des plaintes des résidents habitant près des parcs éoliens. L'une des caractéristiques des sons à basse fréquence est de pénétrer à l'intérieur des habitations, et ils peuvent dans certains cas être amplifiés lors de ce processus. Des mesures telles que l'amélioration de l'isolation et de l'insonorisation des maisons sont habituellement inefficaces. En raison du fait que le son tend à être de nature impulsive et qu'il est peu atténué par la distance, il peut affecter des habitations relativement distantes, bien au-delà de la limite de 250 mètres initialement proposée dans ce projet. En fait, à Riverside County en Californie, une communauté ayant côtoyé pendant une décennie un parc éolien, la réglementation municipale actuelle exige que les éoliennes soient situées à au moins 2 milles d'une habitation en raison de ce problème de sons à basse fréquence. La seule exception consentie s'applique lorsqu'un manufacturier ou un promoteur peut prouver que son éolienne ne produit aucun bruit tonal ou impulsif dans les basses fréquences. Voilà comment se définit la problématique à l'heure actuelle.

Il est également vrai que les promoteurs de parcs éoliens ne peuvent prédire à l'avance, avec un minimum de précision, les impacts négatifs dans un quelconque lieu. Au cours de la dernière décennie, des raffinements ont été apportés aux modèles mathématiques touchant les caractéristiques acoustiques des éoliennes. Le U. S. National Renewable Energy Laboratory continue de réaliser des études sur le bruit associé aux éoliennes et reconnaît que ce problème demeure, et qu'il constitue une limite importante en ce qui concerne toute proposition de situer des parcs éoliens à proximité ou dans des collectivités. Au Royaume-Uni, les autorités compétentes consacrent une plus grande part de leur budget à étudier le bruit généré par les éoliennes qu'à tout autre aspect du problème du bruit environnemental (par exemple, le bruit du trafic automobile, des aéroports, etc.). De dire le Welsh Select Affairs Committee, « Dans le cas de parcs éoliens existants, nous constatons qu'il y a des cas de personnes qui subissent un bruit presque continu lors du fonctionnement des aérogénérateurs, à des niveaux ne constituant pas une nuisance interdite par la loi ou dépassant les conditions réglementaires, mais qui sont clairement dérangeantes et désagréables, et qui peuvent avoir des effets psychologiques ». (1, 2, 3)

Également, au Royaume-Uni, en 1999, « Le directeur de l'hygiène environnementale de Barrows a indiqué que le Conseil prenait des mesures contre les nuisances acoustiques ». (1, 2, 3)

Enfin, les bruits, particulièrement les sons à basses fréquences, ont été clairement liés à des maladies dues au stress, particulièrement chez les personnes les plus vulnérables, à savoir les enfants et les aînés. Les nombreux cas de symptômes et de malaises signalés par des résidents des environs des parcs éoliens correspondent bien à ce que l'on pourrait s'attendre de noter en conséquence des effets d'une exposition continue au spectre et à la qualité des sons produits par des éoliennes. Des études détaillées et continues des populations en rapport avec ces effets néfastes sur la santé se déroulent, mais au moment présent, en se fondant sur la pertinence des données actuelles, et à des fins de protéger la santé des humains et leur bien-être, les parcs éoliens ne devraient pas être situés à proximité des collectivités.


Sécurité :

Les enjeux touchant la sécurité méritent une attention particulière, et de manière significative, n'ont absolument pas été abordés dans la proposition initiale de Irving Ltée pour ce projet. La sécurité des éoliennes doit être sérieusement prise en considération dans le cadre de ce projet puisque le promoteur a défini des limites arbitraires permettant de situer des éoliennes à 50 mètres d'un chemin public et à 15 mètres de la limite de propriétés voisines.

On note de nombreux exemples de défaillance de pales. Le rotor d'une éolienne Vestas V-80  pèse environ 35 tonnes et présente une surface de balayage du rotor d'environ 100 verges carrées. La vitesse en bout de pale atteint 300 km/h. Le 9 décembre 1993, des fragments de pale d'une éolienne V-80 se sont détachés et ont plané sur une distance atteignant 400 mètres à Cemmae, au pays de Galles. À Tarifa, en Espagne, des pales se sont brisées à deux occasions en novembre 1995 – la première fois lors de bourrasques, la seconde lors de vents légers (rapporté dans Windpower Monthly, décembre 1995). Dans un reportage rédigé en janvier 1996, le professeur de géodésie appliquée Otfried Wolfrum, de l'université Darmstadt, rapportait des défaillances de pales en Allemagne, dont quatre cas particulièrement sérieux où des fragments de pale pesant jusqu'à une demi-tonne furent projetés jusqu'à une distance de 280 mètres (1).

Il est établi qu'il existe également un danger de formation de glace sur les pales et des blocs de glace ont été projetés à des distances considérables lorsque les pales sont mises en mouvement par le vent. L'Institut météorologique finlandais, ayant constaté ce problème, mène des recherches afin de pallier la formation de glace sur les pales, mais reconnaît que « la formation de glace sur les éoliennes est un problème complexe du point de vue de la sécurité et du fonctionnement » (4). Markker J. Vartianinen rapporte, dans lea annales BOREAS II de l'Institut météorologique finlandais, que "des couches de glace de 150mm d'épaisseur ont été observées, ayant une masse allant jusqu'à 20 à 25 kg par mètre." (9). Le professeur Wolfrum rapporte que ces fragments peuvent être projetés à une distance allant jusqu'à 550meters et atteindre une vitesse d'impact de 170 mph.(1)

Les autorités municipales de Palm Springs, en Californie, conscientes de ces considérations de sécurité publique, et hébergeant sur leur territoire plusieurs vastes parcs éoliens depuis de nombreuses années, ont forcé les promoteurs à déplacer leurs éoliennes à une distance d'un demi-mille des autoroutes pour des raisons de sécurité.


Problèmes touchant les oiseaux :
Impacts négatifs des perturbations, de la morbidité, et de la mortalité causés par les éoliennes

La problématique des effets négatifs sur les oiseaux est une cause de grande préoccupation lorsque l'on se propose de situer des éoliennes dans une zone écologiquement sensible. C'est une question qui a été généralement ignorée, ou dans le meilleur des cas, qui a été examinée pour la forme par les promoteurs du présent projet. Dans leur projet, les promoteurs font référence à un rapport publié en 2001 par le National Wind Coordinating Committee, un organisme faisant la promotion de l'énergie éolienne aux États-Unis. Ce rapport indiquait une moyenne de 2,19 oiseaux morts par éolienne par année aux É.-U. Ils infèrent, par une extrapolation inappropriée de cette donnée, que la mortalité des oiseaux à Malpeque serait suffisamment basse pour être considérée acceptable.

Ce qu'ils omettent de mentionner et qui apparaît dans le même rapport est que « plusieurs des éoliennes sont situées dans des régions relativement peu utilisées par les oiseaux et les rapaces », et « qu'en se basant sur les données disponibles, il apparaît que de situer les éoliennes dans des régions peu utilisées par les oiseaux et les rapaces, est à l'heure actuelle, la meilleure manière de minimiser la mortalité due aux collisions » (5). De la même manière, une référence dans la proposition à une étude (6) de Bird Studies Canada réalisée sur les éoliennes et leurs impacts sur les oiseaux à North Cape, sur l'Î.-P.-É., est juxtaposée dans le texte afin d'inférer que les conclusions de cette étude peuvent être extrapolées à la région de Malpeque et justifier la construction à cet endroit. Cependant, bien au contraire, les conclusions de cette étude exhaustive démontrent l'inverse. « La mesure la plus importante qui puisse être mise en place pour éviter de futures interactions indésirables avec les oiseaux est de situer les installations en fonction d'un minutieux choix de site et de les éloigner des habitats cruciaux », et « que la plupart des études semblent arriver à la même conclusion : les impacts seront probablement peu importants si les éoliennes sont situées dans des régions où l'habitat est peu propice, où les densités d'oiseaux sont faibles et où on ne dénote pas de population d'espèces vulnérables ayant une grande valeur du point de vue de la conservation » (7). Les mêmes conclusions semblent être partagées par la National Audubon Society, un organisme qui soutient le développement consciencieux de parcs éoliens, lorsqu'elle a déclaré, « le développement consciencieux de l'énergie éolienne signifie réaliser des études de site et d'impacts qui minimisent la possibilité de collisions avec des oiseaux, et situer les parcs éoliens loin des habitats des grands rapaces et des points critiques le long des voies migratoires » (8).

La région de Malpeque a la chance de bénéficier de la présence d'oiseaux indigènes et migratoires et constitue une halte migratoire importante pour les bernaches du Canada et les canards migrateurs du corridor de migration de l'Atlantique. On peut retrouver dans cette toute petite région plusieurs dizaines de milliers d'oiseaux de la fin mars à la mi-mai et du début de septembre au début de décembre. Malpeque abrite également une espèce en danger de disparition, à savoir le pluvier siffleur, et constitue l'un des seuls sites RAMSAR du Canada, i.e. une région de la plus haute importance internationalement, pour la conservation des oiseaux. Il est clair que Malpeque ne satisfait à aucun des critères caractérisant un site approprié pour le développement de l'énergie éolienne en ce qui a trait aux contraintes reliées aux oiseaux. Aucune étude prospective propre au site, afin d'évaluer cet aspect, n'a jamais été réalisée. Procéder à l'installation de 41 énormes éoliennes dans cette petite zone ne correspondrait pas à un développement consciencieux de l'énergie renouvelable, et le gouvernement de l'Î.-P.-É. devrait tenir compte des résultats et conclusions des études qu'il a lui-même commandées.


Autres enjeux :

Il existe de nombreux autres enjeux majeurs en rapport avec ce projet et avec les parcs éoliens en général, dont les suivants, sans s'y limiter :

      1) les considérations esthétiques,

      2) l'interférence avec les radars, les ondes  radiophoniques et de télévision,

      3) les effets nuisibles possibles sur les eaux de surface et les aquifères,

      4) les effets nuisibles sur le tourisme et les activités économiques qui y sont associées,

      5) la baisse de la valeur marchande des propriétés résidentielles et de vacances, et

      6) les dangers possibles pour les résidences reliés à des effets stroboscopiques engendrés par les pales des éoliennes. Ces questions et d'autres sont exposées en détail sur de nombreux autres sites Web et nous vous offrons ci-dessous une liste de liens et de références.


Références et liens :

1. http://www.aandc.org/research/wind_pec_present.html

2. http://ourworld.compuserve.com/homepages/windfarms/case.htm

3. http://www.geocities.com/nigbarnes

4. http://www.fmi.fi/research_meteorology/meteorology_17.html

5. http://www.nationalwind.org/pubs/avian_collisions.pdf

6. http://www.bsc-eoc.org/peiwind.html

7. Kingsley, A., and Whittham, B, Potential Impacts of Wind Turbines on Birds at North Cape P.E.I., Bird Studies Canada, Atlantic Region, 12/13/01.

8. http://www.renewwisconsin.org/windfarm/audubon.html

9. Proceedings of BOREAS II, p.219, 1994